Le son, c'est la moitié de l'image
C'est la phrase qu'on répète à chaque tournage, parce qu'elle est vraie : le public pardonne une image moyenne, il ne pardonne jamais un mauvais son. Une vidéo magnifique avec une voix lointaine et un souffle de vent, on la coupe au bout de dix secondes.
Pourquoi on l'oublie
Parce que l'image se voit et que le son s'entend seulement quand il manque. Sur le tournage, on regarde l'écran de contrôle. Personne ne regarde le casque. Résultat : on découvre au montage le frigo qui ronronnait, la ventilation, le chantier d'à côté, le micro qui frottait contre la chemise.
Les bases qui changent tout
Rapprocher le micro : c'est la règle numéro un. Un micro-cravate ou une perche au-dessus du cadre valent mieux que le meilleur micro posé sur la caméra.
Écouter au casque : en permanence, pas de temps en temps.
Couper ce qui peut l'être : frigo, climatisation, fenêtre, téléphone.
Enregistrer trente secondes de silence : l'ambiance du lieu, sans personne qui parle. Au montage, c'est ce qui permet de lisser les coupes.
En concert, c'est une autre histoire
Pour une captation live, le son ne se fait pas dans la salle avec un micro de caméra. Il se fait avec l'ingénieur du son, à la source, à la console, en multipiste. Notre travail, c'est de caler l'image sur ce son-là, de prévoir les micros d'ambiance pour le public, et de laisser l'ingénieur faire son métier. Une bonne captation, c'est d'abord une équipe.
L'émotion passe par l'oreille
Le craquement d'une grappe qu'on coupe, le bouillonnement d'une cuve, le silence d'une salle avant la première note. Ce sont des sons qui font exister une image. Soignez-les, et votre film change de catégorie.


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