Capter un concert sans gêner : le multicaméra discret
Un concert ne se rejoue pas. Il n'y a ni deuxième prise ni « on la refait ». Et il y a un public qui a payé sa place pour voir des artistes, pas des caméras. Capter un live, c'est donc tout filmer, sans jamais gêner.
Préparer, encore et toujours
Tout commence bien avant le jour J. On échange avec l'artiste, le régisseur, l'ingénieur du son et l'éclairagiste. On récupère la setlist, le plan de scène, les moments forts. On repère la salle : les axes, les passages du public, les endroits où une caméra peut se faire oublier.
Plusieurs regards
Le multicaméra, c'est la base d'une bonne captation.
Un plan large fixe : la sécurité, toute la scène, du début à la fin.
Des caméras sur les côtés : les musiciens, les mains, les regards entre eux.
Une caméra mobile : au plus près, dans la fosse ou en coulisses, discrète, à l'épaule.
Le public : les mains levées, les visages, les refrains repris. C'est la moitié de l'émotion d'un live.
Se faire oublier
Pas de lumière ajoutée, on travaille avec celle de l'éclairagiste. Des tenues sombres. Des déplacements calés sur les morceaux, jamais pendant un moment calme. Et du respect : les artistes doivent pouvoir jouer sans sentir une caméra dans leur dos.
Le son, avec l'équipe son
L'image se cale sur l'enregistrement multipiste de l'ingénieur du son. Les micros d'ambiance captent le public. C'est ce mariage qui donne l'impression d'y être.
Plusieurs soirs, un seul film
Quand c'est possible, on filme plusieurs dates. C'est ce qu'on a fait pour les concerts de Manu Chao au Kilowatt : trois soirs en multicaméra. Chaque soir apporte ses moments, ses angles, ses accidents heureux. Au montage, on a le choix. Et un concert capté comme ça, c'est un souvenir qui ne vieillit pas.

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